
A finir

Ici, nous rentrons dans une véritable salle au trésor avec des chansons présentées par thème. Elles ont été créées par Luc quand il bossait à Laisse Ton Empreinte. Certaines ont plus de vingt ans mais on pourrait penser qu'elles ont été écrites hier. Des jeunes y témoignent de leurs tourments et c'est poignant. Elles sont à votre disposition.

Pour commencer, des chansons interprétées par des collégiens sur la question du regard des autres, de la mise à l'écart, des étiquettes qu'on se colle !
Regard des autres, mise à l'écart, "les étiquettes"
Jennifer, une collégienne de 13 ans, atteinte de la mucoviscidose évoque avec une maturité sidérante la question du regard des autres devant ses ami(e)s... Et c'est poignant.
Pourquoi ce besoin de cataloguer l'autre, de l'insulter, de le haïr, de le réduire ?Des collégiens s'insurgent contre ce fait avec beaucoup de lucidité et d'émotion. Chanson coup de coeur
Des élèves d'une classe intégrée (UPI) dans un collège aimeraient tellement être vus comme tous les autres enfants. Ils le chantent.
Classe relais : violence, harcèlement

A présent le témoignage de jeunes de classe relais qui s'interrogent avec lucidité sur cette prison qu'est leur violence. Celles et ceux qui la subissent en témoignent et c'est bouleversant.
Un jeune de classe relais questionne sa mère sur son côté électrique, ses pétages de plombs fréquents, sa violence. " Et toi maman ? " . Mine de rien, il aborde la question de la transmission. La réponse de sa mère est forte, éclairante.
Un 2ème jeune de classe relais s'interroge avec lucidité sur son goût irrépressible pour la baston : " il faudra bien que je comprenne d'où me vient cette haine...". La voix de ce jeune, ce qu'il dégage dans sa chanson est impressionnant. On a beaucoup utilisé sa chanson comme outil de prévention car elle déclenchait illico la parole de collégiens ou d'élèves de CM qui se reconnaissaient en lui.
Un 3ème jeune de cette classe relais, issu d'un quartier très sensible de Roubaix évoque son quotidien, semé de bagarres, d'agressions, de protection du territoire. " Ici les jeunes sont des lions ! " C'est violent et en même temps, à la fin de la chanson, il ouvre son coeur à ses éducateurs et c'est beau...
Un jeune de cette classe relais évoque la violence qu'il subit. Il cherche à comprendre pourquoi il déclenche cette agressivité... Il finit par faire le lien avec ce qu'il vit dans sa famille.
Suite au projet mené avec cette classe relais, un de leurs éducateurs (qui était un peu le "modèle" de ces jeunes) a éprouvé le besoin de leur faire un retour. Un retour dur, sans concessions, en forme d'aveu également. Un retour qui les a beaucoup touchés. Il fallait voir avec quelle attention ils ont écouté sa chanson quand il leur a présentée.
Des jeunes filles du quartier Belfort (Lille) semblent répondre aux garçons qui avouent leur attrait pour la violence en parlant des conséquences de ce climat quotidien sur elles. Elles ne souhaitent qu'une chose : déménager ! Et elles le chantent de façon très touchante...

Ecoutons maintenant des jeunes de 16 à 20 ans qui interpellent les adultes sur la question de l'exemplarité. Et ça dépote grave !
Dur de devenir adulte...
" Besoin de dire tout haut ce qu'on a sur le cœur, pour dépasser la colère et la rancœur ". Tel est le refrain que nous adressent ces jeunes en galère, livrés à eux mêmes. Dans les couplets, ils nous interpellent avec force sur nos faiblesses : manque d'attention, de protection, d'exemplarité, de confiance, la question du racisme aussi est évoquée à la fin... Leur réquisitoire est sans appel.
Un jeune de 17 ans oscille entre petite délinquance et son désir d'entrer dans la vie active : " j'ai besoin de bosser pour me sentir bien...". On sent son ambivalence, que tout cela reste encore bien fragile. Mais quand il entonne le refrain " " Dur de construire sa vie quand on vient d'un quartier dur ...", il devient bouleversant.
2 jeunes filles de 17 ans de Pecquencourt (bassin minier) dialoguent à bâtons rompus sur leur parcours, leurs galères de vie mais aussi sur ce qu'elles pensent des adultes, de leurs parents, des éducs... Un témoignage mûr, percutant, unique.
Une jeune fille de 17 ans ne veut plus aller à l'école, elle en explique les raisons, profondes. Elle s'interroge sur le sens de la vie, l'entrée dans la vie d'adulte et sur le décalage qui existe entre sa génération et celle des anciens. Cerise sur le gâteau, sa voix est magnifique.

Je ne suis pas trop sensible d'ordinaire mais j'avoue que chaque fois que j'écoute "Courage", j'ai une petite larme à l'œil.
Des adultes en centre de formation leur répondent
Des adultes en centre de formation (Cueep de Tourcoing) prennent des cours de français pour rattraper le retard scolaire accumulé durant les années d'école. Ils évoquent les raisons de leur échec : des profs négligents, humiliants mais également des parents parfois maltraitants... Certains évoquent leur propre comportement : trop à cran, trop bagarreur, trop sous influence du quartier. Le tout avec une vitalité débordante pleine de lucidité.
Des femmes en cours d'alphabétisation (toujours au Cueep) parlent de ce que l'apprentissage du français a amené dans leurs vies au quotidien : ouverture au monde, diminution des peurs, de la solitude, de la honte, de la dépendance... Elles parlent aussi de leur persévérance, de leur fierté, de leur sentiment d'avoir grandi et c'est magnifique. Chanson coup de coeur.
Ah ce qu'on est bien quand on est dans son bain ! On fait des grosses bulles, on ...
Quand Monsieur aura fini de se prélasser, est-ce qu'il pourra daigner m'aider à éplucher les patates ?

Désolé, c'est Bibiche. Elle s'énerve souvent pour pas grand chose.


Après cet épisode fâcheux, je vous propose de continuer avec d'autres chansons...
Ici, là-bas...
Deux jeunes femmes venues du Burkina-Faso et du Maroc parlent de leur arrivée en France, de leurs sensations, de leurs ressentis, du manque de joie, du ciel si bas, le coeur balloté entre ici et là-bas...
Un jeune d'origine maghrébine chante sa douleur d'être victime de discrimination, de contrôle au faciès trop fréquents. Il parle aussi de son espoir qu'un jour les choses changent et que la couleur de peau ne soit plus ce qui classe ou chasse un individu comme un résidu. Message reçu, poignant.
